juliette Drouet à Victor Hugo, 2 novembre lundi aprés-midi 3h 1846

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juliette Drouet à Victor Hugo, 2 novembre lundi aprés-midi 3h 1846

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Inscription manuscrite - 2 novembre, lundi après-midi, 3 h.Je vous attends Toto, et je voudrais bien ne pas vous attendre davantage si cela vous était égal. Mme Guérard sort de chez moi ; elle aussi vous a attendu 2 h. mais, moins patiente que moi, elle s’est en allée furieuse. J’aurais presque envie d’en faire autant mais comme cela n’attraperaita que moi je me ravise et je reste à mon poste absolument comme le cavalier à pied tournant le dos à son cheval [1]. Mon adoré, mon petit Toto bien-aimé, j’ai le cœur plein de bon amour et de douce confiance. Je crois à ce que tu m’as dit cette nuit absolument comme je crois à ce que je sens d’adoration pour toi. Aussi je suis heureuse malgré ton absence et……………b6 h. ¾Ce n’est pas interrompu par le brouillard, comme les nouvelles télégraphiques, mais par notre chère petite FARIMOUSSE, ce qui est moins nébuleux. Malheureusement vous ne restez pas assez longtemps et le peu de temps que vous passez chez moi ne m’appartient pas puisque vous travaillez sans lever les yeux. Mais c’est égal je suis heureuse tout de même et je te vois partir avec un inexprimable regret. Si tu étais dans mon pauvre cœur dans ce moment-là tu n’aurais jamais le courage de t’en aller tant ce que j’éprouve est douloureux et triste. J’espère que tu vas revenir comme cela t’est déjà arrivé…8 h. ¼Mon espoir a été réalisé, mon doux bien-aimé. Maintenant je t’attends sur de nouveaux frais d’espérance, de désir et d’amour. Tâche que ce ne soit pas trop long. Songe que je t’ai très peu vu après tout puisque tu as travaillé tout le temps sans lever une seule fois les yeux sur moi et sans m’adresser une parole. Je sais bien que je pouvais te regarder, et je ne m’en suis pas privée, mais je ne te vois pas aussi bien quand tu ne me regardes pas un peu toi-même de temps en temps [2]. Mon Toto je te baise de toutes mes forces.Juliettea) « attrapperait ».b) Les quinze points d’exclamation courent presque jusqu’au bout de la ligne.Notes[1] Est-ce une citation ? Ou Juliette pense-t-elle à une œuvre d’art, comme le Cuirassier blessé de Géricault (Salon de 1814, musée du Louvre) ?[2] Les deux derniers paragraphes de cette lettre ont aussitôt été transformés en poème par Victor Hugo, qui compose « Paroles dans l’ombre » le lendemain. Voir l’étude de Florence Naugrette sur cette source que la découverte de cette lettre a permis d’établir : « Une lettre de Juliette Drouet, source du poème de Victor Hugo “Paroles dans l’ombre” (Les Contemplations) », Revue d’Histoire Littéraire de la France, PUF, décembre 2012. Accessible sur le site du groupe Hugo et sur ce site («~Études~»).

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1846
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Paris Museum
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